LE MATERIEL SAUMON

- LES CANNES :

  Il est possible de pêcher le saumon à la mouche avec deux types de cannes bien distincts.. La canne à une main utilisée de préférence sur des cours d'eau peu importants et la canne à deux mains réservée pour les rivières plus larges. A l'instar des grandes rivières écossaises et norvégiennes, la taille des meilleures rivières à saumons en Irlande, telles la Moy,la Blackwater et la Suir ( entre 30 et 40m de large) vous impose généralement des lancers souvent longs, c'est pourquoi je conseille à mes clients venant s'essayer au saumon sur la Suir, de s'équiper en priorité d'une longue canne à deux mains de 14 ou préférablement 15 pieds qui permet de pêcher très longtemps sans fatigue excessive et lorsque l'on sait qu'au saumon la réussite sourit souvent à l'opiniâtre... Bien sur, il est fort possible de lancer très loin avec des cannes à une main puissantes et je reconnais volontiers que ces cannes sont idéales pour la pêche des cours d'eau de taille moyenne (du type rencontré en Bretagne, au Canada ou en Islande). Toutefois, je ne crois pas que ces cannes soient une bonne idée pour la pêche des grandes rivières.
En effet, il est important de garder en mémoire que ce n'est pas la longueur des lancers mais le contrôle juste de la dérive de votre artificielle qui vous permettra neuf fois sur dix de toucher du saumon et dans les grandes rivières à saumons ce contrôle ne pourra être effectué correctement qu'à l'aide d'une grande canne à deux mains. Si, à première vue, pour le profane, l'utilisation de ces grandes cannes peut paraître difficile, la pratique quant à elle, s'avère très rapidement à la portée de tous. Un apprentissage préalable d'une demi-heure, sur le pré, permet généralement à tout pêcheur, quel que soit son physique, de s'aventurer avec confiance sur son premier pool à saumon.

  Personnellement, j’utilise des15 pieds Sage car étant toujours sur la rivière quand les conditions sont idéales pour la pêche en soir flottante ou en pointe plongeante, je ne suis rarement obligé d’utiliser des shooting-heads qui demandent des types de cannes  nettement moins fragiles.

  Il existe désormais sur le marché un nombre incroyable de bons produits et toutes les marques réputées (Loop, Guideline, Loomis, Scott Mc Kenzie, Shakespeare, Diawa etc.) proposent des cannes performantes à tous les prix. Il est néanmoins très important de bien marier ces cannes avec des soies adéquates

- LES SOIES :

  La pêche du saumon à la mouche en Europe étant en grande partie une pêche en mouche noyée, et une rivière donnée présentant toujours une succession de courants et de calmes aux profondeurs différentes cette discipline nous oblige à utiliser plusieurs soies aux propriétés spécifiques qui nous permettent de faire nager notre mouche à des profondeurs différentes. C'est pourquoi je vous conseille de vous procurer au minimum deux et préférablement trois soies. A ce sujet un moulinet unique avec deux bobines de rechange est idéal. Choisissez dans la mesure du possible des soies DT (Double Taper) qui présentent d'une part l'avantage appréciable de pouvoir se retourner et qui ayant des pointes plus fines que les WF se posent généralement plus délicatement et sont indispensables pour pouvoir lancer correctement en Spey Cast sans avoir à utiliser des soies spécifiquement conçues pour ce type de lancer.

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SOIE FLOTTANTE:

   Cette soie s'utilise lorsque la température de l'eau atteint ou dépasse un seuil reconnu (généralement aux alentours de 9/10°C). Cette ligne fait dériver des mouches souvent ridiculement petites très près de la surface où le saumon daigne parfois les intercepter. Ce genre de soie est le plus utilisé en Irlande de mai à septembre. Le lancer et la pêche en général est beaucoup plus facile avec ce genre de soie, néanmoins elle nécessite souvent une attention plus soutenue dans le contrôle de la dérive de la mouche. Essentielle.


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SOIE A POINTE PLONGEANTE :

  Ce type de soie présente à ses deux extrémités entre 9 et 12 (2.70m/ 3.60m) pieds de soie plongeante lente qui permet de faire pêcher l'artificielle légèrement plus profondément qu'avec une soie flottante. Ce type de soie est de plus en plus utilisé en Irlande car elle permet de pêcher efficacement avec de très petites mouches en été sans que celles-ci ne viennent constamment griffer la surface. Légèrement plus délicate à lancer cette soie est néanmoins indispensable lorsque l'on décide de pêcher à deux mouches (pointe et sauteuse). Essentielle.


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SOIE INTERMEDIAIRE :

  Cette soie présente des qualités réelles surtout par eaux assez profondes et son utilisation se justifie dans les rivières au cours puissant ou bien par eaux froides et par hauts niveaux. Les lancers doivent être particulièrement soignés (surtout la cadence: le Timing) car l'usage de ce type de ligne est plus délicat que celui des deux précédentes. Facultative.


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SOIE PLONGEANTE :

  Ce type de soie existe en plusieurs versions: plongée lente / moyenne/ rapide/ extra rapide et est généralement réservé pour la pêche en eaux froides - 9°C profondes et souvent colorées. La pêche en soie plongeante est pénible et souvent aléatoire et seuls les vrais mordus du saumon l'utilisent régulièrement de février à la fin-avril en Irlande. Les lancers demandent une technique sûre et sans faille car elle peut s'avérer parfois dangereuse car le poids de ces soies est important et accélère la vitesse des mouches déjà souvent très importantes (gros tubes de 7cm et plus en laiton). Je déconseille ce genre de pêche au débutant qui risquerait de se dégoûter bien vite...

-  SHOOTING HEADS :  

  Ce type de soies permet aumoucheurs de présenter ses mouches nettement plus profondément qu’avec des soies traditionnelles. Par eaux fortes elles s’avèrent même souvent indispensables. Souvenez-vous néanmoins que toutes les cannes du marché n’ont pas été conçues pour ce type de soies et que vos vieilles cannes risquent probablement un fin prématurée si vous les surcharger avec ces soies très lourdes en pointe. Sachez aussi que l’utilisation de ces soies demande une technique de lancer légèrement différente et qu’un entrainement préalable est fortement recommandé avant de se lancer sur un pool à saumon avec ce type d’équipement. 

LE MOULINET :

  Il existe de nombreux modèles sur le marché, la plupart d'entre eux sont bien construits et donnent des résultats satisfaisants. Néanmoins il faut bien se mettre dans l'idée qu'au saumon à la mouche, le moulinet n'est qu'une réserve de fil et que de ce fait à mon sens toute sophistication trop élaborée n'apporte pas grand chose au confort de pêche. Bien évidemment, si vous en avez les moyens, faites-vous plaisir et offrez-vous le top-niveau, mais, gardez en mémoire qu'à l'heure actuelle il existe une bonne douzaine de marques qui fabriquent des moulinets solides et fiables à des prix extrêmement raisonnables. Quel que soit le modèle que vous choisirez, il est important de noter qu'une fois un saumon au bout de votre ligne, votre souci majeur sera d'éviter à tous prix que votre soie ne se noie, ce qui généralement entraîne de nombreuses casses lorsqu’un poisson change de direction ou bien lorsqu’il effectue un "Rush" non anticipé. Un bon frein progressif et si possible pas trop bruyant est nécessaire bien que la grande majorité des bons pêcheurs que je connais, contrôlent le combat avec le poisson en exerçant manuellement plus ou moins de pression sur la soie afin de fatiguer le poisson le plus rapidement possible. Une réserve de 100m de backing en Nylon tressé ou bien en Nylon mono filament est nécessaire lorsque l'on touche un saumon dans un endroit difficile et où on ne peut le suivre, mais en règle générale rappelez-vous que moins on a de ligne dans l'eau moins on a de chance de casser sur un saumon, c'est pourquoi lorsque l'on a accroché un poisson, il est fermement recommandé de reprendre contact avec la terre ferme le plus rapidement possible afin de pouvoir suivre le poisson sur la berge pendant le combat et éviter ainsi de laisser trop de ligne au saumon. De plus se placer en aval du poisson fatigue beaucoup plus rapidement le poisson qui doit combattre à la fois la force du courant et la traction de la ligne..

LE BAS DE LIGNE :

  Il existe sur le marché des bas de ligne très élaborés pour la pêche du saumon à la mouche. En partant du principe qu'il est plus prudent de pêcher le saumon avec le moins de noeuds possibles sur sa ligne, j'ai résolu le problème en n'utilisant pour ma part qu'un bout de monofilament ( entre 22 et 30/100ème) de 9 à 10 pieds de long (2,7 à 3 mètres) relié à la soie par un noeud à l'aiguille et qui ne m'a jamais trahi jusqu'à présent. Lorsque l'on utilise des mouches de petites tailles dans des courants soutenus, il est parfois nécessaire de rallonger ce bas de ligne afin d'éviter que ces petites artificielles ne griffent la surface de l'eau pendant leurs dérives. Au saumon, la recherche de la plus grande simplicité est souvent payante, car c'est toujours le temps passé à pêcher sur la rivière qui détermine le succès ou la déception.

LES MOUCHES :

  Voilà le problème qui a fait couler le plus d'encre dans les livres sur la pêche du saumon à la mouche. Sans vouloir jouer l'avocat du diable, je pense que pour ma part, le point le plus important en ce qui concerne le choix de la mouche, c'est d'en avoir une dans l'eau, au bout de sa ligne, nageant dans un pool contenant des saumons mordeurs... L'expérience acquise tend à me prouver que vos résultats sont pratiquement toujours proportionnels au temps que votre artificielle a passé à dériver entre deux-eaux... Démagogique mais vrai... Il existe bien entendu des règles qui influencent notre choix, température de l'eau et de l'air, météo, niveaux et couleurs des eaux... j'en passe et des meilleures...
Quoi qu'il en soit, il est absolument essentiel au bout du compte que la mouche choisie plaise avant tout au pêcheur qui va l'utiliser... car sans le facteur confiance, la pêche du saumon à la mouche ne reste bien souvent qu'une occupation masochiste.

Dans un souci de simplification, il est intéressant pour le débutant de diviser sa boite à mouche en 5 catégories bien distinctes :

 

Météo

Exemple n°1

Exemple n°2

Exemple n°3

Très clair/ensoleillé

Silver Blue

Kenny's Killer Silver

Doctor Claire

Bonne visibilité

Logie Pot

Scrubber Yellow

Torrish Normale

Couvert

Blue Charm

Lemon Grey

Green Highlander

Sombre/visibilité faible

Thunder & Lightning

Sweep Munroe Killer

Crevette

Eaux basses et chaudes

General Practitioner

Purple Shrimp

Blue Shrimp


 Il existe bien sûr une multitude d'autres possibilités, à vous de choisir vos préférées (Bretonnes, Ecossaises, mouches du Gave etc.), mais si vous stockez ces 5 types de mouches bien distincts, en trois tailles d'hameçons 6/8/10 vous serez en mesure de faire face à la grande majorité des situations qui vous attendent au bord de l'eau. Ce choix relativement modeste d'artificielles encombrant votre boite à mouches vous évitera d'agoniser sur le choix de votre artificielle.

*Mouches qui réussissent partculièrement bien sur la Suir:

La Blue Charm

La Dunc Shrimp

La Hairy Mary Black wing

La Tippit shrimp

  C'est tout le matériel dont vous aurez besoin au saumon. En effet, il est fort possible de prendre du saumon sans avoir à s'encombrer de larges filets, de "Tailers" ou d'autres systèmes similaires. Autant apprendre immédiatement qu'un saumon épuisé par un combat bien mené s'échoue et se prend à la main très facilement. De même, je ne recommande pas au débutant l'usage d'un bâton de wading car la pêche des courants larges et puissants demande souvent de maîtriser une longue ligne et cette technique demande un entraînement suivi.

  Le club des saumoniers , après un séjour sur les bords de la Suir, m'a fait part de ses observation et vous donne quelques conseils sur le matériel actuel. Vous les retrouvez sur la page MATERIEL MOUCHE SAUMON de ce sit.

 JJ Chaumet m'as transmis un article sur la pêche du saumon au tube fly que je vous livre ci dessous:

   Récemment, un de mes clients qui, fort modestement affirme être le 2èmemeilleur pêcheur de saumon de l’Allier…a laissé entendre que « je pêchais comme il y a quarante ans ! »…parce que je n’utilisais que très rarement les soies-saumon modernes et que je ne pêchais en Spey-Cast que lorsque la logistique de pêche et la physionomie des pools l’imposaient vraiment !!!

  Ma réponse à cette assertion vraie mais néanmoins gratuite est bien évidemment « pourquoi changer une équipe qui gagne !», une évidence, sachant que j’ai la chance d’habiter depuis près de 43 ans sur les bords de la Suir, une superbe rivière à saumon et que je suis bien évidemment présent, canne en main, lorsque les conditions pour la pêche de ce poisson fantasque sont idéales (débuts et fins de crues).Et donc, d’évidence, il m’apparait parfaitement logique de n’utiliser que mes vieilles soies flottantes, intermédiaires ou à pointes plongeantes qui, incidemment « font encore très souvent l’affaire » lorsque le « robinet saumon est ouvert !»…

  Malheureusement, je reconnais que tout le monde n’a pas cette chance et lorsque l’on a réservé une semaine de pêche à l’avance, il est impossible de prévoir les conditions de pêche auxquelles on va avoir à faire face. Quelles que soient les saisons, la météo irlandaise est pratiquement toujours totalement imprévisible et de ce fait, pour espérer réussir, il est essentiel d’être prêt à toutes éventualités. C’est pourquoi, j’ai demandé à un ami, nettement plus compétent que moi dans ce domaine de vous informer sur les principes d’utilisations des soies modernes lorsque les conditions de pêche présentent un réel challenge pour le pêcheur de saumon à la mouche.  

   Jean-Jacques CHAUMET est sans aucun doute le meilleur pêcheur de saumon que j’ai eu le plaisir d’accueillir sur les parcours de pêche privés que je gère sur la rivière SUIR depuis 33 ans. Ce pêcheur hors-pair dont la réputation et le palmarès halieutiques sont difficiles à battre revient religieusement depuis plus de 20 ans pêcher cette belle rivière du Sud de l’Irlande. Ses expériences acquises au fil de ses nombreux séjours de pêche sur la SUIR, il les partage ici dans cet article et vous donne une foule de conseils judicieux essentiels qui augmenteront sans aucun doute vos chances de réussite sur cette rivière lorsque les conditions de pêche seront loin d’être idéales et décourageront souvent des pêcheurs moins tenaces que cet Auvergnat qui « ne lâche jamais rien au bord de l’eau… » 

 

 Rivière SUIR : SAUMON à la Mouche.

 

   COMMENT TIRER VOTRE EPINGLE PAR NIVEAU FORT.

Par fort niveau, vous avez de bonnes chances de rencontrer des saumons mordeurs. Mais, pour en profiter, il faut adapter matériel et action de pêche.

  L’estuaire de la SUIR est long de 50km et les effets de la marée se font sentir jusqu’à 2km en amont de la ville de Carrick on Suir. Chez Jean Loup Trautner, son parcours le plus aval est situé à 6km de la limite de la marée. De ce fait, un bon coup d’eau dans la rivière et des saumons frais, souvent encore porteurs de poux de mer, sont présents sur les pools en moins de 24 h ! Les poissons résidents profitent de la montée des eaux pour reprendre leur périple vers l’amont, ou se déplacent dans le pool. Frais montés ou résidents en mouvement, ces deux catégories de saumons sont potentiellement mordeuses. Un tube-fly, ou une grosse mouche sur hameçon simple ou double ont alors autant de chance de succès que n’importe quel devon, cuillère ou leurre moderne.

   Dés que le niveau monte, l’eau se trouble et se charge en particules arrachées sur le fond et contre les berges (débris d’herbiers et de feuilles principalement). Ce défilé incessant de particules, dont la taille varie de quelques millimètres à quelques centimètres, dérange les saumons et retarde leur progression vers l’amont. Mais surveillez attentivement la rivière et dès que les particules deviennent éparses, puis disparaissent, et que le lit de la rivière est enfin « nettoyé » les conditions deviennent idéales, même si l’eau vous paraît trop trouble (si vous apercevez vos pieds sous 20 cm d’eau, le saumon est capable de détecter votre mouche(tube) à plusieurs mètres, et pourrait bien s’en saisir !).

Ce fort niveau de la SUIR peut durer de quelques heures à une, voire plusieurs journées. Pour ne pas louper ce créneau, vous devez tenir compte de 3 paramètres :

– 1 Vitesse et force du courant, qui obligent à effectuer une lecture de la rivière, pour repérer une veine d’eau de quelques mètres de large, où « il ferait bon nager » sans subir le plus fort du courant. Cette zone propice est « la bande de touche », qu’il faudra prospecter au mieux.

– 2 Turbidité de l’eau : plus ou moins trouble, l’aspect de l’eau impose le choix de la taille et des coloris de vos mouches (tubes).

– 3 Température de l’eau : la montée du niveau s’accompagne d’une baisse plus ou moins importante de la température, à vous d’ajuster la taille de la mouche, et aussi son allure : profondeur et vitesse de dérive.

   Pour profiter de cet épisode d’eaux fortes, mettez en action le matériel adéquat. Votre moulinet, et votre canne habituelle (14 à 15 pieds) conviennent généralement. Seule une action trop parabolique de la canne peut être un handicap. Un modèle d’action « medium-fast » fait l’affaire. Une canne d’action de pointe trop marquée peut faciliter les lancers, mais s’avère trop dure lors du combat.

La soie doit concentrer votre attention. Une « flottante », même équipée d’un tip ou polyleader plongeant, est balayée par le courant, et votre mouche (tube) traverse la bande de touche trop vite, et trop prés de la surface. Dans ces eaux rapides et puissantes les soies « shooting head scandi triple densité » offrent une bonne solution (*2). Ces « têtes de lancer » sont des fuseaux qui mesurent de 10, 40 m (en N° 7/8) à 12, 20 m (en N° 10/11). Leur poids va de 30 g (en N° 7/8) à 42 g (en N° 10/11). Pour comprendre le concept de « triple densité », prenons l’exemple d’une shooting « RIO SCANDI INTOUCH 3D » de type « H/I/S3 » (*1): la partie arrière (H = HOOVER) plonge à une vitesse de 2,5 cm par seconde ; la partie médiane (I = INTERMEDIAIRE) plonge à 5 cm par seconde ; et la pointe (S3 = PLONGEANT 3), coté bas de ligne, descend à 7,5 cm par seconde. Ce profil, de plus en plus fin et de plus en plus dense lorsqu’on va vers le bas de ligne, facilite le lancer. Il optimise le contrôle de la dérive, et la présentation de la mouche (tube). Sa longueur modeste permet de lancer, même lorsqu’on est obligé de rester collé à la berge, à cause du fort niveau. Avec un peu de pratique, vous pouvez réussir des posés discrets, nécessaires en début et fin de crue.

Pour faire face aux fluctuations de niveaux, pouvant aller de moyen/fort à fort voire très fort, prévoyez au moins 2 types de shooting. Pour choisir référez vous au tableau ci dessous, qui donne quelques références de produits fiables.

REF SHOOTING / NIVEAUX

Moyen / haut

Haut

Très haut

 RIO SCANDI INTOUCH 3D

F / H / I

H / I / S3

H / I / S3

GUIDELINE SCANDI

F / H / S1

I / S1 / S2

I / S2 / S3

VISION ACE SHOOTING SCANDI

F  to clear I

S1 to S3

S1 to S3

   

Les VISION ACE ne sont pas « triple densité » mais à densité progressive de F à I, ou S1 à S3 etc.

Leur comportement est semblable aux « triple densité ».

* 1)  F = Flottante

        H = Hoover, plonge de 2,5 cm par seconde.

        I  = Intermédiaire, plonge de 0,5 cm à 2,5 cm par seconde ( inter. Lent, moyen ou rapide)

        S1 = Plongeant 1 plonge de 1 inches (pouce) par seconde : environ 2,5 cm / s

        S2 = Plongeant 2 plonge de 2 inches (pouces) par seconde : environ 5 cm / s

        S3 = Plongeant 3 plonge de 3 inches (pouces) par seconde : environ 7,5 cm / s

 

*2) Il existe d’autres solutions par fort niveau : shooting « skagit » ou  soie « spey versitip »(avec tips plongeants de 15 pieds), mais les « scandi 3D » me semble offrir le meilleur ratio maniabilité-contrôle de dérive-discrétion.

 

    Pour utiliser ces shooting, prévoyez soit une bobine supplémentaire de votre moulinet, soit un 2ème moulinet. Installez un backing de 100 à 150 m en 30 lbs, puis un « running line » qui permet de prolonger le lancer par un « shoot » plus ou moins long. Le running line est une sorte de soie parallèle fine : absence de mémoire et très bonne glisse. Il se termine par une grande boucle, qui permet de changer rapidement de shooting. Voici 2 références fiables : RIO « POWERFLEX MAX », diamètre 0,89 mm (bleu) et VISION «  ACE CONTROL », 30 lbs. N’oubliez pas d’accorder vos shooting à la puissance de votre canne. Pour cela, l’idéal est d’étalonner la canne (à l’intersaison) en essayant divers grammages de shooting, soit auprès d’un confrère déjà équipé, soit à l’occasion d’un stage de lancer « spey cast ». D’un modèle de canne à l’autre, pour un même marquage de puissance, par exemple « 9/10 », la charge optimale peut être de 38 g pour l’une, et 42 g pour l’autre. Pour la première ce sera une shooting N° 9/10, et N° 10/11 pour l’autre.

Le bas de ligne est court, pour obliger le tube (ou la mouche) à nager à la profondeur imposée par la soie. 1,20 m de nylon ou fluorocarbone 35/100 est un bon compromis.

Pour ces eaux fortes, j’ai une préférence pour les tubes-flies « cone-head », montés sur tube plastique. Ils sont plus vivants que les tubes cuivre (ou laiton) et accrochent moins le fond en fin de dérive. Selon la turbidité de l’eau, sa température, et la force du courant, je joue sur 3 tailles, caractérisées par leur longueur totale, de la pointe du cône à l’extrémité de l’aile : 6 à 7 cm ; 5 cm et   4 cm. Je me limite à 4 ou 5 modèles (voir photos), déclinés chacun dans les 3 tailles. Les modèles présentés portent les noms de grands classiques. Ce ne sont pas d’exactes reproductions, ils en sont seulement inspirés. Les choix de modèles de tubes ou mouches restent très personnels, à chacun de se faire sa boîte...selon ses convictions. Je pense cependant que dans une eau très trouble, le noir, le jaune et l’orange restent les plus visibles.

   Pour adapter votre action de pêche, commencez par repérer les pools ou portions de pools pêchables. Pour cela, une visite rapide des parcours s’impose, tout en mettant quelques coups de ligne pour vérifier la « pêchabilité ». Pensez aussi que le coup d’eau arrive plus vite, et s’estompe plus tôt sur les secteurs amont. Cela vaut le coup de pêcher, même s’il n’y a qu’une bordure de 3 à 4 m de largeur à prospecter.

Maintenant que vous savez où vous allez pêcher, vient le choix crucial de la soie. Par niveau moyen à moyen/fort, optez pour une « F/H/I » ou « F/H/S1 ». Par niveau fort voire très fort, il faut plus de densité pour pêcher plus profond et suffisamment lentement, malgré la puissance du courant. Utilisez alors une « H/I/S3 » ou « I/S1/S2 ». Mais ne restez pas enfermé dans ce schéma. Ce sont vos sensations, après avoir enchaîné quelques dérives, qui vous dictent comment ajuster le choix : si votre ligne est balayée par le courant, sans avoir le temps de plonger, passez à un shooting plus plongeant. Si, au contraire, la soie fait du « sur place », et se « tanke » au fond avant la bordure, revenez à un modèle plus « light ». Il faut moins de 5 mn pour changer de shooting… Alors, évitez de tomber dans la routine et ajustez en permanence. Par exemple, la tête du pool, rapide, demande peut être une « I/S1/S2 », alors que son « ventre », plus lent, exige une « F/H/I ».

Pour le choix de la mouche(ou plutôt tube fly), vous devez tenir compte de l’état de la rivière 

   1) Turbidité de l’eau :

    Eau trouble à très trouble : coloris qui tranchent, soit dominante noire, soit jaune - orange - vert fluo (surtout par temps ensoleillé).

    Eau peu teintée : coloris de votre choix : plutôt clair et brillant par temps clair, plutôt sombre par temps couvert.

 2) Vitesse du courant (liée à l’importance du niveau) :

    Plus l’eau est rapide, plus vous augmentez la taille de la mouche (tube).

3) Température de l’eau :

    Plus elle est basse, plus vous augmentez la taille de la mouche (tube).

    Pour illustrer :

  

 

 

– Par eau trouble, niveau fort et eau à 10 – 12°, par tempscouvert, je choisirais un tube « green butt » de 6 -7 cm. Si le soleil se montre, je passerais à un tube « façon G H » de même taille.

  

 

 

 

 

 

 

 

– Par niveau moyen/fort, et eau peu teintée à 12 – 14°, partemps ensoleillé, je ferais confiance à un tube « silver stoat’s tail » ou « cascade » de 4 cm.

 

 

 

 

 

Par temps couvert, un« green butt » de 5 cm.

 

   Vous voilà prêt à effectuer votre premier lancer. Plus l’eau est trouble, rapide et froide, plus il faut pêcher profond et lentement. Pêcher peu profond et donner de la vitesse à votre tube (ou mouche) est parfois nécessaire en milieu et fond de pool. Pour cela, il suffit de lancer, tendu, avec un angle proche de 60°. Contraignez la dérive immédiatement après le posé.

   Pour pêcher profond et lentement, c’est plus compliqué : Lancez avec un angle proche de 80°, pas trop loin, pour éviter le balayage du fort courant. Dès le posé, redressez la soie pour la mettre le plus possible dans l’axe du courant. Pour cela effectuez un mending énergique et pointez la canne vers la berge opposée. Laissez ensuite la ligne plonger, en la laissant glisser de plusieurs mètres vers l’aval (cela suppose d’avoir gardé en main une réserve de running line). Bloquez ensuite la ligne, pour démarrer la dérive. Pas facile… mais efficace !

   Par fort niveau, le saumon peut se tenir tout près de la berge, ou y accompagner votre tube-fly. C’est pourquoi vos dérives doivent s’achever avec la soie parallèle à la berge, à moins d’un mètre de celle ci. Comme le courant faiblit et que le fond remonte en bordure, n’attendez pas que votre ligne « s’endorme », pour relever la canne à 45° et commencer à stripper lentement. C’est la bonne manœuvre pour décider un poisson « suiveur » à attaquer, ou déclencher la touche de celui posté contre la berge. Le fait de tenir la canne à 45° lors du « strip » laisse assez de mou dans la ligne pour que le saumon prenne bien le tube avant votre ferrage.

   Pour réussir : à chaque lancer, visualisez votre « bande de touche ». Posez la ligne juste un peu plus loin. Faites en sorte que votre tube traverse toute cette bande de touche à la bonne profondeur, avec la bonne vitesse.

   Par niveau « normal », voire « bas », ne délaissez pas pour autant votre panoplie de shooting. En action de pêche, gardez toujours avec vous la bobine (ou moulinet), équipée du running line, et vos 2 ou 3 shooting. Cela pourrait bien vous sauver la mise, dans plusieurs types de circonstances.

Par vent fort...pas rare en Irlande ! Une shooting F/H/I est plus efficace pour réussir des lancers « décents » qu’une soie classique, tout en restant suffisamment discrète (la surface est alors agitée par les rafales de vent).

Sur les courants, et certaines têtes de pool, une shooting plongeante permet une prospection plus profonde et plus lente. 

Par niveau bas, alors que les poissons semblent « calés », avec votre shooting plongeante, vous pouvez aller leur chatouiller le museau… pourquoi pas avec une petite mouche.  

En variant ainsi la présentation, on s’offre le moyen de déclencher enfin une belle touche ! 

La Suir est belle et souvent généreuse! Et, de mai à fin septembre, les saumons sont présents sur nombre de pools. Pour ne rien regretter de votre séjour, prenez les moyens de vous adapter aux conditions imposées par la rivière...et pêchez dur, quel que soit le niveau !

JJ Chaumet.

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